L’irrésistible esthétique du froid

De retour d’une semaine en ski, pulka et tente sur des plateaux entre 900 et 1000 mètres d’altitude. L’objectif était de tester le matériel autant de ski et camping que de dessin dans ces conditions. Et quelles conditions ! Pas de chance ce coup-ci et c’était le risque de partir dans l’entre-saison, en Avril. J’ai

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Cercle ouvert

« Dès que vous voyez quelque chose,vous commencez déjà à l’intellectualiser.Dès que vous intellectualisez quelque chose,ce n’est plus ce que vous avez vu. » Shunryu Suzuki8 septembre 1967 Aussi énigmatique et obscure que cette citation puisse paraître, elle est une description remarquable de la principale difficulté à laquelle est confronté celui ou celle qui dessine

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Triste nécessité

« Une mort pour une vie, principe fondamental de la vie sur Terre. Sentence qui peut être retardée, donner l’illusion d’être contournée, mais qui, quelle que soit la forme qu’elle prend, finira toujours par tomber. C’est la nécessité imposée par un monde fini, notre planète, sur laquelle la vie cherche à remplir chaque recoin depuis des

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La saison de la vodka

C’est la période de Noël et du Nouvel An, mais je dois avouer que la date la plus importante pour moi reste le Solstice d’Hiver. Il se situe autour du 21 Décembre, date de l’entrée dans l’hiver sur nos calendriers, et correspond au jour le plus court et donc à la nuit la plus longue

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Croire encore au printemps

Le timing était pourtant parfait. Le printemps était là, puissant de tout ce renouveau. Une neige encore épaisse fondait à vue d’œil. Les oiseaux migrateurs venaient d’arriver, un concert de Pic noirs, épeiches, de Grives mauvis et draines. La débâcle avait libéré la rivière des glaces, laissant place aux Loutres, aux Garrots et Harles bièvres.

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Sur le seuil

« L’identification n’est que la porte d’entrée du naturalisme et j’ai le sentiment d’être resté sur le seuil. Toute ma vie, j’ai fait des listes. J’ai identifié, oiseaux après oiseaux, par centaines, par milliers, apprenant au passage quelques faits sur leur biologie. Mais que sais-je vraiment de la vie des animaux que j’observe, au-delà de

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A l’Est

« J’habite entre deux mondes. A l’Ouest, la côte. Les plaines ouvertes sur l’horizon, les plages, les champs et les lacs qui accueillent toute une diversité d’oiseaux qu’on observe facilement depuis la route. On y cherche avec excitation la rareté inattendue. A l’Est, les montagnes. Les forêts qui ferment la vue et les sommets qui

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Court-circuit

« En apparence, ce ne sont que quelques lignes brouillonnes et abstraites. Le crayon s’est précipité sur le papier, grattant à la vitesse de l’œil, laissant la conscience à la traîne. L’image est passée de l’œil à la main. Le cerveau s’est fait court-circuiter.Je pense bien qu’on peut parler de pleine conscience et d’instant présent

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Sédimentation

Ça, c’est un côté de la Norvège que j’adore : on prend le bateau comme on prend le bus et en une heure-et-demi, on passe du pas de sa porte à un petit coin perdu au fond d’un fjord, sans avoir eu à prendre sa voiture. Le bateau vous dépose au pied des montagnes, sur

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Structuré par le terrain

En début d’année, j’ai fait un petit tour le long de certains lacs côtiers réputés pour leur avifaune. La mer d’un côté, et de l’agriculture intensive de l’autre. Le temps ne faisait que rajouter à cette austérité, avec un plafond de nuages bas et un puissant vent de sud glacé et incessant. Peu de choses

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Pale Blue Dot

Vingt-trois années après son lancement depuis la Terre, la sonde spatiale Voyager 1 atteignit les confins du Système Solaire. Le 14 Février 1990, à six milliards de kilomètres de nous, elle ouvrit une dernière fois ses caméras pour un ultime regard en arrière. Soixante images, envoyées pixel par pixel à travers l’espace pour être patiemment collectées

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Chrono – logique

Le temps a cela d’étrange qu’il s’écoule à sa guise, variant selon les circonstances. Il est 21h00. Dans ce petit village coincé au fond d’un fjord, je claque la porte de la voiture et attaque la montée. Il est déjà tard. J’espère arriver sur place avant les nuages… Bientôt minuit. Je suis dans mon duvet,

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Synesthésie naturaliste

Pendant un instant, les dix passagers de mon zodiac n’existent plus. Je coupe au plus vite le moteur du bateau, je ne veux plus entendre un seul bruit. Devant moi, mes collègues continuent leur slalom dans ce dédale d’îles et d’icebergs de la côte Est du Groenland. Les yeux fixés sur ce bras d’eau qui

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Tout en patience et en prudence

J’ouvre les yeux de toutes mes forces. Après une heure d’une sieste trop longue, je me réveille groggy, pâteux, la vision floue et la tête lourde. Allongé dans l’herbe la tête sur le sac-à-dos, mes yeux sont remplis du ciel bleu et mes oreilles pleines du silence de cette chaleur. Même la mer s’est tu.

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Goélands dans la tempête - Norvège - 2021

Aveugle au familier

Parfois le familier se fait exceptionnel et nous contemplons, fascinés, ce que nous pensions connaître. Nous cessons alors de voir et commençons à regarder, à imaginer, à comprendre. Ce matin du 6 Avril a tout d’exceptionnel. Je me tiens sur le pas de la porte, hébété par la fatigue d’une tempête qui ne m’a pas

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